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La première chapelle (1665-v1671)
À partir du moment où il y a des premiers résidents
permanents à Champlain, en 1664, il faut aménager un premier
lieu de culte, ce qui sera fait en 1664 ou l'année suivante.
Quelles sont les preuves de l'existence de cette première chapelle
? Normalement, nous aurions dû pouvoir compter sur les registres
paroissiaux, mais il n'existe plus rien avant 1679. Les registres paroissiaux
de 1664/65 à 1679 étaient déjà disparus
en 1871 lorsque Mgr Cyprien TANGUAY est venu faire le relevé
de nos registres pour la publication de son dictionnaire généalogique(3)
. Même s'ils sont disparus, les registres de 1664/65 à
1679 ont bel et bien existé : le notaire Sévérin
Ameau écrit le 22 septembre 1666 que onze mois auparavant, le
22 octobre 1665, Laurent Gouin et Marie Gallien s'étaient mariés
ce jour-là en la chapelle du fort de la Touche(4)
. Le fort de La Touche a été érigé en 1664
. En 1934, le Père Archange GODBOUT, o.f.m.(6),
expliquait ceci :
" Les registres de cette paroisse actuellement conservés
commencent en 1679, mais il en a existé de plus anciens. La M.
Marguerite-Marie, dans son Histoire de Champlain (I, 108), cite un "extrait
des Registres des baptêmes faits en la paroisse de Champlain"
du 4 mars 1669. Ces registres ont dû s'ouvrir dès 1665,
année où Étienne Pezard de la Touche accorda de
multiples concessions dans sa seigneurie. Au nombre des béficiaires
figurent Antoine Desrosiers, François Chorel et Pierre Dandonneau.
Les actes concernant leurs familles cessent aux Trois-Rivières
le 30 avril 1664 pour le premier, le 15 décembre pour le second
et le 4 janvier 1665 pour le troisième. Gabriel Benoît
et René Houray, autres concessionnaires, habitaient Champlain
lors de leur contrat de mariage reçu par Latouche, notaire, le
26 octobre 1665. Or, leur acte de mariage ne se retrouve pas, non plus
que les actes de baptême de leurs enfants avant 1681. "
Il n'existe pas de description de cette chapelle. Claude Durand émet
l'hypothèse que cette chapelle devait "être dans un
coin réservé" ou dans une pièce d'une habitation(7)
. C'est tout-à-fait vraisemblable puisqu'il en fut ainsi à
Batiscan, preuves à l'appui : comme l'écrit Claude dans
un autre texte, c'est dans le logis de Nicolas Rivard dit La Vigne,
lieutenant de la milice de Batiscan, "que la communauté
[de Batiscan] se réunissait pour suivre les offices religieux
célébrés irrégulièrement, il va sans
dire, par les missionnaires de passage. C'est probablement aussi chez
ce lieutenant de milice que Mgr de Laval [fit les confirmations] en
1669."(8) À Batiscan, cette
chapelle domestique a existé entre quatre et huit ans, de 1666
jusqu'à 1670/74.
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1. Ce texte a été écrit grâce aux
contributions de Claude Durand, Daniel Laganière et Jean Turcotte.
Les quatre forment le Comité de l'église de Champlain,
un comité officiel de la Fabrique paroissiale de Champlain, mandaté
pour assurer la conservation et la mise en valeur de l'église
actuelle et son patrimoine.
2. Eugénie LASSALLE (Mère Marguerite-Marie), Histoire
de la paroisse de Champlain, tome 1, 1915, pp. 93 et 455.
3. Mgr TANGUAY écrit à la page 601 que les actes
les plus anciens qu'il a consultés datent de 1679. Cyprien TANGUAY.
Dictionnaire généalogique des familles canadiennes,
Premier volume, Depuis 1608 jusqu'à 1700, Montréal, Eusèbe
Senécal, 1871, p. 601.
4. Claude DURAND, Les cimetières de Champlain,
chez l'auteur, 1994, p. 9.
5. Voir mon article sur le sujet dans Le Postillon, septembre
2002, pp. 15-16. Jean-Pierre CHARTIER a établi que le fort était
aux environs de l'avenue Lefrançois actuelle, et non à
l'est de la rivière Champlain comme l'avait cru Mère Marguerite-Marie
dans son Histoire de la paroisse de Champlain, tome 1, 1915,
p. 56, repris par Eddie Hamelin, dans La paroisse de Champlain, 1933,
p. 12, ainsi que par Marcel TRUDEL, dans Le terrier du Saint-Laurent
en 1674, Tome 1, 1998, p. 382. / Jean-Pierre CHARTIER, Fiefs et seigneurie
de Champlain, Une approche géographique et chronologique de l'évolution
de l'espace champlainois, Montréal, Histoire Québec,
2005.
6. Archange GODBOUT, Les pionniers de la région trifluvienne
(1ère série : 1634 à 1647), Trois-Rivières,
Bien Public, 1934, p. 7. Au Cap-de-la-Madeleine, des registres ont aussi
été perdus. En 1871, Mgr Tanguay n'avait trouvé
que des registres commençant en 1687. Plus tard, dans un encan,
furent trouvés les registres de 1673 à 1680. Selon toutes
vraisemblances, les registres du Cap commencent en 1660, mais le registre
de 1660 à 1673 est introuvable. La disparition date probablement
de très loin : déjà en 1748, l'abbé De La
Villangevin écrivait avoir trouvé les registres "très
mal en ordre, déchirés et perdus" et que le missionnaire
du lieu devait "faire tout son possible pour recueillir et arranger
les registres de ses prédécesseurs." Dans Maurice
LORANGER, 300e, Aperçu historique de la paroisse Sainte-Marie-Madeleine
du Cap-de-la-Madeleine, Cap-de-la-Madeleine, Comité du tricentenaire,
1978, p. 54. On peut imaginer qu'il en fut de même à Champlain.
7. Claude DURAND, Les cimetières, p. 9. S'il n'y avait
pas de manoir dans le fort, comme le propose Jean-Pierre CHARTIER, op.
cit., l'idée reste la même : la chapelle était sans
doute dans une habitation du fort.
8. Claude DURAND, "Chapitre II, Églises, presbytères
et curés de Batiscan", dans Collaboration, Histoire de la
paroisse Saint-François-Xavier de Batiscan 1684-1984, Trois-Rivières,
Bien Public, 1984, pp. 28-29.
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